Conférence tout public de l'UCP : Le populisme de Trump à l'épreuve du pouvoir

Publié le 14 mars 2024 Mis à jour le 9 janvier 2026

Dans le cadre de son cycle de conférences tout public, l'UCP vous propose une conférence intitulée : Le populisme de Trump à l'épreuve du pouvoir

Date(s)

le 22 janvier 2026

De 14 à 16 heures
Conférence accessible gratuitement et sans inscription

 
Lieu(x)

Bâtiment René Rémond (A)

Amphi A2 bâtiment Rémond.

 Le populisme de Trump à l'épreuve du pouvoir

Par Elisa Chelle

Donald Trump est le 47e président du peuple américain. Sa nette réélection a surpris nombre d’observateurs qui s’attendaient à un scrutin des plus serrés. Sa victoire est celle du populisme, mot souvent employé mais rarement défini. Le populisme a une longue histoire aux États-Unis, depuis les mouvements agraires face à l’industrialisation au XIXe siècle aux diatribes de Ronald Reagan contre « l’élite de Washington ».

Ce que recouvre le terme de « populisme » varie dans le temps, mais aussi dans l’espace. Dénonciation de l’establishment, idéalisation de la volonté populaire ou leadership charismatique : autant d’ingrédients qui gagnent la vie politique en Europe, dans les Amériques et en Asie depuis les années 1990.

L’élection de Donald Trump marque l’installation durable d’un populisme vindicatif dans la démocratie la plus puissante du monde. Le fonctionnement de cette démocratie est propice à ces revendications. Tout d’abord, les groupes de la société civile sont plus légitimes à influencer les règles de la vie en commun. Ce n’est pas un État centralisé qui définit l’intérêt général, mais le peuple mobilisé qui défend ses intérêts. La liberté d’expression, protégée par la Constitution, les rend particulièrement audibles. Les intérêts de la société civile forment ainsi l’intérêt général, à rebours de la vision française qui les dénonce comme « intérêts particuliers ».

Le populisme de Trump s’inscrit dans une mutation profonde de la représentation démocratique. Il est un art oratoire d’imitation du style populaire avec ses incohérences et ses contradictions. Cette politique de la présence sinon de l’incarnation fait écho aux réalités déformées ou extravagantes propagées via les réseaux sociaux. En politique, la vérité c’est ce qui plaît. Trump, comme d’autres leaders charismatiques dans le monde, avec son style paranoïaque mais compréhensible du plus grand nombre, avec son chauvinisme de la prospérité, avec sa rhétorique d’une politique qui prime le droit, a infléchi les cadres traditionnels de la délégation électorale. C’est ce style qui a su capter l’attention d’un électorat se sentant déclassé par la globalisation ou marginalisé par l’immigration. À l’heure où la France se prépare à l’après Macron, cette conférence reviendra sur les ressorts d’une conflictualité sociale exacerbée dans un contexte de déséquilibre démocratique. De quoi cette défiance peut-elle accoucher lorsqu’un tribun populiste accède au pouvoir ? Les contre-pouvoirs, même fragilisés, ont-ils joué leur rôle ? Comment les institutions, usées par la contestation, peuvent-elles intégrer un programme d’action se targuant d’être en rupture avec tout ce qui s’est fait depuis leur naissance ?

Elisa Chelle est professeure agrégée de science politique à l’Université Paris Nanterre depuis 2019. Elle est également rattachée à Sciences Po, où elle mène plusieurs projets de recherche. Elle est rédactrice-en-chef de la revue Politique américaine depuis 2020. Elle est membre junior de l’Institut universitaire de France, un programme d’excellence du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

Depuis l’automne 2022, elle est intervenue plus d’une centaine de fois dans les médias pour commenter les élections américaines (matinales de France Inter, RTL, TF1 ou France Info TV, Affaires étrangères sur France Culture, 28 minutes sur Arte, C dans l’air sur France 5, Calvi 3D sur BFMTV…). Son dernier ouvrage, publié chez Odile Jacob, est intitulé La démocratie à l’épreuve du populisme : les leçons du trumpisme (2025). Outre ses fonctions au Conseil national des universités, à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, à l’Institut des Amériques, à l’Association française de science politique, à l’Association internationale de science politique, à l’Association américaine de science politique, elle a été récemment invitée dans les universités de Columbia, Georgetown et Cornell.

Mis à jour le 09 janvier 2026