Version française / Science et Société
Conférences tout public
Dans ce but, les conférences sont ouvertes à toute personne intéressée, il n'est pas nécessaire de s'inscrire à l’Université de la Culture Permanente pour y assister. L'accès est libre et gratuit.
- 15 octobre - Rythmicité biologique, activité physique, performance motrice et santé : Influences réciproques
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Par Tarak Driss
La chronobiologie correspond à l'étude des rythmes biologiques dont ceux de l'organisme humain. Cette « discipline » a connu un essor important au cours des vingt dernières années. En 2017, les dernières découvertes dans ce domaine ont donné lieu à un prix Nobel à trois généticiens américains. Les processus chronobiologiques ont une fréquence qui peut être de l'ordre de quelques millisecondes, de l'heure, de la journée, du mois, de l'année ou même de plusieurs années. La quasi-totalité des fonctions de l'organisme suivent un rythme circadien, c'est-à-dire un cycle d'une période proche de 24 heures. Les mécanismes de régulation de notre horloge centrale ou de nos horloges périphériques sont de plus en plus connus permettant de mieux appréhender l'influence des dérèglements de ces horloges sur les performances physiques, physiologiques et psycho-cognitives et sur la santé au sens large. En effet, les troubles de ce rythme impactent à la fois le sommeil, le système immunitaire, le métabolisme, le fonctionnement du système cardiovasculaire... Dans le domaine de l'activité physique, les fluctuations diurnes de la performance humaine ont été mises en évidence dès les années 1980 (Reilly et Walsh, 1981 ; Baxter et Reilly, 1983) avec des performances plus importantes observées en fin de journée. Ces fluctuations sont en partie expliquées par les variations circadiennes de plusieurs fonctions biologiques dont la température corporelle, la fonction cardiovasculaire, la fonction neuromusculaire ainsi que les capacités psychomotrices et cognitives.
Par ailleurs, il est maintenant établi que notre horloge endogène est synchronisée par des donneurs du temps (dits synchroniseurs externes) dont l'alternance jour-nuit, l'alimentation, l'activité physique, etc. De plus, des synchroniseurs internes dont la fluctuation de la mélatonine fait partie des mécanismes explicatifs de la rythmicité de notre horloge biologique. Les récents travaux de plusieurs équipes de recherche en France (dont la nôtre à l'Université de Paris Nanterre, l'Université de Caen, l'INSEP, etc.) et à l'étranger tendent à montrer une influence réciproque entre les synchroniseurs externes et l'horloge endogène. Cette conférence met l'accent sur les travaux scientifiques sur cette influence réciproque de ces différents facteurs sur le sommeil, la performance motrice et la santé.
Professeur Tarak Driss Docteur en Sciences Biologiques Fondamentales et Appliquées Spécialité "Physiologie de la Performance Motrice" UFR STAPS, Laboratoire LINP2, Université Paris Nanterre. - 5 octobre - Les frasques de la littérature : 5 découvertes récentes sur les mœurs de nos grands écrivains...
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Par Vincent Laisney
Saviez-vous que Baudelaire avait lu des vers érotiques à Judith Gautier dans une baignoire, que Gustave Flaubert avait écrit La Fornication de saint Augustin, qu'un sonnet libertin des Chimères avait été retrouvé, qu'Apollinaire avait lu « Le con Mirabelle » à Pierre Louÿs lors d'une orgie, que Paul Claudel avait eu une liaison secrète avec Anaïs Nin? Non? Dans ce cas, venez écouter Vincent Laisney, qui a mené l’enquête sur ces sujets en recoupant toutes les données disponibles.
Spécialiste du romantisme français, des sociabilités littéraires et des mémoires d’écrivain, Vincent Laisney est Maître de conférences en littérature française (HDR) à l’université de Paris Nanterre. Il est l'auteur de L'âge des cénacles [avec Anthony Glinoer] (Fayard, 2013, prix de l'Académie française), de En lisant en écoutant
(Impressions nouvelles, 2017) et des Tribulations d'un chercheur en littérature (CNRS Editions,2025). - 12 novembre - Fanfares de bambou du Nord des Célèbes (Indonésie) : une réinvention des fanfares coloniales hollandaises.
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Par Nicolas Prévôt
En tant que symbole colonial, les fanfares n’ont cessé d’être réinventées par les habitants de Sulawesi du Nord (Indonésie) depuis plus d’un siècle, soit à partir de bambous emboîtés ou collés, soit à partir de plaques de zinc assemblées. Dans la péninsule de Minahassa et dans les îles Sangihe, on en compte aujourd’hui des centaines, réunissant souvent une quarantaine de musiciens d’un même village, qui perpétuent oralement un répertoire polyphonique néerlandais (hymnes, marches, valses, polkas, etc.) enrichi des musiques populaires indonésiennes ou occidentales. Avant même la colonisation hollandaise et les fanfares militaires, l’histoire de cette région est profondément marquée par l’évangélisation et l’œuvre des missionnaires européens, jusqu’à l’imposition d’un répertoire liturgique et d’un système musical qui semblent avoir remplacé toute pratique vernaculaire. Que reste-t-il de l’esthétique musicale et des valeurs locales ? Les musik bambu, fanfares de bambou, ont-elles effacé ou englobé le passé pré-colonial ? Cette conférence présentera l'expérience ethnographique qui a mené à l'acquisition et à l'exposition d'une fanfare de bambou dans le nouvel espace permanent "Des musiques et des mondes" du Musée de la musique - Philharmonie de Paris, inauguré en mai 2025.
Nicolas Prévôt est maître de conférences en Ethnomusicologie au département d’Anthropologie de l'Université Paris Nanterre, membre du Centre de recherche en Ethnomusicologie LESC-CREM. En tant que musicien, il a d'abord intégré une fanfare rom en Macédoine du Nord, ce qui l'a amené à s'intéresser et aux enjeux identitaires et nationalistes autour des musiques au sud des Balkans. Pour sa thèse en ethnomusicologie/anthropologie, il a séjourné longuement en Inde centrale pour étudier les rapports entre un panthéon villageois et le répertoire musical qui lui est consacré lors de rituels de possession, Il retourne régulièrement dans cette région depuis les années 2000. Ses recherches portent aussi sur les enjeux politiques associés à la musique et sur les applications possibles de l'ethnomusicologie.
Ainsi, à partir d'enquêtes menées dans les quartiers jouxtant l’université de Nanterre, il a développé depuis 2010 le projet de recherche-action Le patrimoine musical des Nanterriens et co-réalisé le webdocumentaire Inouï. Entre 2022 et 2024, il a été détaché au Musée de la musique-Philharmonie de Paris pour intégrer l'équipe chargée du projet de réaménagement des collections non-européennes, Le Tout-monde en musique. Cette expérience muséale lui a donné l’opportunité d'entamer de nouvelles recherches sur les fanfares de bambou du nord de Célèbes, en Indonésie.
Mis à jour le 12 octobre 2026